L’objectif est loupé. Lancé en 2008 par Éric Besson,
alors secrétaire d’État au développement de l’économie numérique, le «
Plan numérique 2012 » avait notamment pour objectif d’accroître et
diversifier les usages et les services numériques dans les entreprises.
Dévoilés en exclusivité par « La Tribune », l’enquête réalisée
par Opinion Way pour la CGPME auprès de 800 entreprises de moins de 50
salariés, ne devrait pas réjouir l’actuel ministre de l’Industrie. En
effet, un quart d’entre elles seulement dispose d’un site Internet.
Pourquoi ? Pour 91 % des entrepreneurs interrogés, un site Internet
n’est pas utile ! Il faut dire que la grande majorité des entreprises
ayant un site (70 %) n’ont pas mené d’actions commerciales pour le faire
connaître. Statistique à peine plus encourageante, 74 % de ces
entreprises sont connectées à Internet. Une sur quatre est donc absente
de la Toile. Dans l’industrie, la proportion grimpe à 40 % ! Seules 14 %
des entreprises sont présentes sur les réseaux sociaux. Si dans 51 %
des cas, Internet sert à informer, à consulter des mails (38 %), le
réseau sert marginalement à vendre en ligne (4 %), encore moins à
répondre à des appels d’offres (3 %).
«Ces résultats surprennent.
S’ils surfent sur Internet chez eux, les chefs d’entreprises n’ont pas
encore intégré l’intérêt numérique pour le développement de leur
entreprise», explique Christian Sainz, dirigeant de Asolution en charge
de ces questions à la CGPME.
Certes, 96 % des entreprises ont
moins de 10 salariés et près d’une sur quatre sont dirigées par des
commerçants et des artisans qui ne voient pas forcément en Internet un
passage obligé. Il n’en reste pas moins vrai que la révolution numérique
n’est pas engagée.
« C’est un gâchis énorme. L’usage des
nouvelles technologies est aujourd’hui ultra simplifié. Les chefs
d’entreprises peuvent reprendre la main sur leur stratégie commerciale
ainsi que la veille, deux domaines délaissés jusqu’ici aux
informaticiens. Très simples d’utilisation, les smartphones et les
tablettes permettent des choses jusqu’ici impossibles et qui peuvent
décupler l’efficacité de l’action des entrepreneurs », expliquait
récemment Frédéric Soussin, conseil en technologies web, lors de la
première université des entreprises vendéennes.
Selon l’enquête, 9
% des chefs d’entreprise ont un smartphone. Ils ne sont que 6 % à
s’être équipé d’une tablette. Des taux d’équipement qui en disent long
sur le mirage économique que représentent les chefs d’entreprises pour
certains secteurs, comme la presse économique quotidienne notamment.
« Maîtriser ces nouveaux outils peut réellement ouvrir de
nouveaux marchés, en particulier à l’export, et ce pour un coût
désormais modeste », a également expliqué Jean-Christophe Fromantin, le
président de Export Entreprises, une société de conseil aux
entreprises. Fabien Piliu